Massive Attack : video tirée de “Nulle part ailleurs” de Canal+
Massive Attack, c’est le point de départ, le groupe fondateur d’un mouvement musical qui fait partie aujourd’hui de l’histoire de la musique populaire contemporaine : le trip-hop.
Aux origines de ce mélange envoûtant, sombre, âprement mélancolique, fondamentalement urbain et relié directement au développement des nouvelles technologies, la ville de Bristol et son décor portuaire, sorte de plaque tournante des influences diverses de l’ouest de l’Angleterre.
Au début des années 80, alors que l’influence du punk meurt aux alentours de Londres, les scènes black, reggae, hip-hop, dub et soul influencent durablement les jeunes artistes qui se regroupent en collectifs dans les clubs de Bristol. Des DJ, comme Nellee Hooper, reconnu depuis pour ses nombreuses collaborations avec de grands artistes comme Bjork, et Daddy G (de son vrai nom Grant Marshall) se rencontrent derrière les platines et forment un sound system hybride bientôt rejoint par des dessinateurs, graffeurs, danseurs, compositeurs et chanteurs.
Le collectif s’appelle « Wild Bunch » et se réunit régulièrement au Dug Out. Là, Daddy G fait la connaissance de Robert Del Naja, alias 3D dont les talents s’exposent en fait en deux dimensions sur les murs de la ville. La personnalité de 3D est déterminante, il donne l’impulsion nécessaire au projet musical jusqu’alors en gestation. Il deviendra d’ailleurs, par la suite, plus ou moins le leader officieux de Massive Attack. Andrew Vowles, le troisième membre permanent du groupe, plus connu sous le nom de Mushroom (un surnom qu’il doit à son penchant pour les champignons hallucinogènes) vient également rejoindre le groupe dont il deviendra le DJ et le remixeur.
Pourtant, la rencontre entre ces trois personnalités fortes de leurs diverses influences musicales n’aurait peut-être pas suffit à créer le « son » troublant et sensuel de Massive Attack sans l’intervention de voix féminines aux inflexions très soul, presque jazzy. Shara Nelson sera l’une des premières à prêter sa voix au trio, ce qui donnera, après plusieurs essais restés dans un relative anonymat, l’inoubliable « Infinished Sympathy » de leur premier véritable album, « Blue Lines ». Viendront ensuite d’autres grandes voix féminines, Tracey Thorn d’Everything but The Girl, Nicolettte, Sara Jay et Elizabeth Fraser, la légendaire chanteuse des Cocteau Twins. Complément indispensable de toutes ces voix fragiles et profondes vont venir s’ajouter les contributions toutes aussi importantes d’artistes masculins, outre les membres même du groupe, Tricky et surtout Horace Andy et sa voix tremblée, presque chevrotante de chanteur reggae qui, frottée aux sonorités inquiétantes et parfois glaciales de Massive Attack, gagne encore en étrangeté.
A chaque nouvel album depuis « Blue Lines », Massive Attack affine son style sombre, chaloupé et « Melankolic » (nom du Label que le groupe a créé en 1997), d’abord avec « Protection » en 1994 puis avec « Mezzanine » en 1998, sorte de climax dans l’œuvre du trio. Pourtant, les retombées de ce troisième opus ne seront pas que positives puisque surgissent des dissensions d’ordre artistique dans le groupe. Leur orientation musicale lorgne en effet de plus en plus, sous l’influence de 3D vers une sonorité plus rock, avec l’introduction d’instruments plus classiques comme les guitares, sur « Mezzanine ». Ce changement de direction n’est pas du goût de Mushroom et celui-ci quitte le groupe.
Pour « 100 TH Windows », Daddy G se met également en retrait, sous le prétexte – authentique ou fallacieux – de prendre un peu plus part à sa vie de famille. 3 D se retrouve donc quasiment seul aux commandes et le résultat est probablement plus froid, plus aseptisé et plus « métallique » que sur les précédents albums.
Néanmoins, Massive Attack, toujours sans Mushroom, se retrouve en 2005 pour la B.O du film de Louis Leterrier, «Danny the Dog ». Le résultat est littéralement crépusculaire, avec des envolées de cordes sombres répétitives et étranges sur fond de loops synthétiques, de dub ralenti, d’esquisses de mélodies tristes et de murmures déshumanisés. Une approche déjà esquissée par Craig Amstrong ou Alpha, signés d’ailleurs sur Melankolic, mais renforcée ici pour produire une sorte de musique d’un angélisme contrarié, toujours plus proche d’une forme musicale épurée de la paranoïa urbaine.
Cette vidéo est intéressante parce qu’elle présente, certes brièvement, le groupe et son influence dans les années 90 et s’ensuit un live tiré de l’émission de Canal+ “Nulle part ailleurs” avec une voix d’Horace Andy toujours aussi envoûtante.
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Trés bon billet!
Depuis Mezzanine, le groupe a perdu en créativité, The 100 th Windows est trop froid à mon gôut, trop stérile, clinique.Sur scène, c’est un peu pareil, on a l’impression (avait) de réecouter le disque Cependant Blue line est pour moi l’un des meilleurs opus de musique electronique.