Roland TB303 : sampler révolutionnaire de la musique acid house (démo vidéo de la machine).
Commençons par le début. En 1982, le marché des synthétiseurs est réservé à une élite de musiciens passionnés et généralement fortunés ( ou alors carrément fauchés pour cause d’achats de matériels !), et le marché grand public est innondé d’orgues d’appartement sans grands intérêts. Par contre, les guitaristes sont nombreux, et de plus en plus interessés par des outils “d’accompagnement”, pour bosser, chez eux, leur version perso de “Eruption” de VanHalen ou le dernier P.Floyd … Bref, Roland se réveille alors et se met à imaginer une série de produit “d’accompagnement”, non plus destiné aux organistes, mais à tous les musiciens soucieux de ne plus se faire emmener en panier à salade à chaque répétition avec leur furieuse section rytmique pour cause de nuisance sonores.
De cette idée naissent les TR808, puis TR606 et … TB303. Les deux premières sont les boîtes à rythmes que l’ont sait (et la 808 fera elle aussi emmener pas mal de personnes en panier à salade, mais beaucoup plus tard et pour un public plus … rave !). La TB303 est, elle, cençé remplacer votre Patitucci ou votre MacCartney pour vous fournir un bassiste à portée de main (et ce n’est pas trop de dire celà compte tenu de la taille de l’objet !). Soyons clair : elle n’y arrivera jamais ! le son, mais surtout l’ergonomie catastrophique pour un guitariste adepte du “moi jack, moi branches”… la font relèguer au fond des flycases de Stratocasters. Bref, la TB303 est un semi-echec commercial, mais deviens surtout vite un nanar qui tombe dans l’oubli et se négocie alors (entre 1983 et 1989 environ) entre 500 et 1000 FF … Pour information, le créateur de la TB303 sera Tadao Kikumoto, qui créera, quelques années plus tard, la TR909. Un vrai Hardcoreman ce type là …
Passons maintenant à la légende : entre 1983 et 1987, des musiciens américains fauchés comme les blés rachètent du matériel un peu has-been (TR808, Tb303) ou qui n’ont pas fonctionnées (TR909) pour pas cher, et inventent, dans une optique “dance-floor”, une nouvelle musique : La House music, du nom du club de Chicago, le “WareHouse” ou officie entre autre le DJ Frankie Knuckles. Ils mélangent les sonorités de leurs machine pour atteindre des sommets de rythmiques hypnotiques devenus depuis des standards … Pour la petite histoire, on attribut à DJ Pierre la paternité de l’idée d’avoir tourné les potards pendant le jeu et de créer ainsi la “Aciiiiiiid Line”.
Le son 303 devient incontournable d’une nouvelle musique, d’un nouvel état d’esprit, bref d’une génération. Autant les anciens soixante-huitard ont été berçés au son des riffs de guitares, autant leurs enfants seront scotchés face aux trances produites par des peletés de hits à la Bassline sautillante et à la 909 lourde comme une DCA !
Le son typique de la 303 provient d’un certains nombres de facteurs tous plus ou moins accidentels qui concourt à en faire la Bassline par excellence (de toute façon c’est écrit dessus non ?) :
Le mono oscillo avec ses deux pauvres formes d’onde est loin d’un moog55, mais il y’a une forme de “pureté” dans son grain.
Le filtre 18db est quasi indécrottable de la 303. Atypique par sa fréquence, il n’auto oscille pas comme sur le SH101 de la marque, mais provoque une résonnance à vous arracher les oreilles pour peu que vous ayez rajouté une bonne vielle pédale de disto guitare à la bête !
L’accent et le Slide sont peut-être moins connu, et pourtant, je pense personnellement que c’est eux qui ont fait le son 303, plus que le filtre ou les formes d’ondes. L’accent transforme complètement le son, donnant encore plus de résonnance et un son quasi granuleux. Le manque de decay est terrible sur cette machine, mais le Slide (sorte de portamento)permet aux notes de “tenir” dans le temps en glissant (et en donnant un coté plastique à vos basslines !)
Mais une partie du succès de la TB303 vient aussi de son séquenceur. Totallement improbable, groovant comme les Jb’s à sa manière, il est pourtant un chef d’oeuvre d’anti-ergonomie : vous commencer par choisir les notes de votre pattern, puis les durées, et enfin les accents, slides éventueles, etc. D’ailleurs, rien à voir avec la facilité déconcertante du logiciel Rebirth : pour une fois, le logiciel est meilleur que l’original ! Cependant, on peut penser que pas mal de Hit “techno” tiennent à leur Ligne de Basse totallement improbable ou spontané, et donc à une programmation totallement anarchique du séquenceur d’une 303 : comment sortir des lignes géniales en faisant quasi n’importe quoi !
Que reste-t-il de la TB303 aujourd’hui ? Honnêtement, et même avec la plus intense passion pour les musiques electroniques, on peut dire que ses sonorités sont usées, que le moindre expandeur ou groovebox, voir le moindre synthé soft, l’émulent de manière très satisfaisante (au point de devenir impossible, même aux afficionados de la TB, de la reconnaitre dans un mix … ne cherchez pas, j’ai fait l’expérience !). Pourtant, comme tous les instrument qui ont marqué une époque, la TB303 est un témoin, pour les musiciens collectionneurs, de son époque et mérite de figurer dans la liste des courses du Samedi. Par ailleurs, pour certaines musiques, et compte tenu de son prix (à mettre en rapport de sa légende !), elle reste une machine abordable et toujours créative. Si vous souhaitez la faire modifier (ajout de cv/gate in, voir midification, ou rajout de fonctions comme un sub-oscillo ou une disto) , beaucoup vous le proposerons, comme la modification “Devil Fish”, la TB303 étant un standard. Pour ceux qui veulent approcher le son au plus proche et pour pas cher, regardez du coté de chez MAM ou FreeBass, ou alors trouver un SH101, dont le filtre ezt assez proche et permet de furieuse BAssline très 303. Evidemment si vous avez un PC ou un Mac, difficiel de passer à coté de Rebirth de PropellerHeads. Toutefois pour en profiter au mieux , essayer d’avoir une interface type PHatBoy ou un petit clavier comme la Novation Basstation clavier ou le Miditech MC25, bref des potards !
Finalement c’est chacun son truc : les guitaristes ont leurs solos où les notes “fatales” et les bends “tueurs” font kiffer tous les apprentis Mark Knopfler. Les amateurs d’électroniques ont les doigts sur les potards de résonance et de fréquence de coupure de filtre d’une Bassline … Et si vous vendiez votre MC303 pour acheter une originale ? (dépéchez-vous, il n’y en a eu que 20000 de produites, et vu le nombre de TB303 sur la route avec des DJ, et la qualité du plastok de la bête …)
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